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Publié le 31/03/11


Le requinus Tortuensis entre dans les collections du Muséum

Evènement passé.

Le vendredi 01 avril 2011 à Toulouse (31).

Les douanes de l’aéroport de Toulouse Blagnac ont fait une saisie exceptionnelle d’un « Requinus tortuensis » importé illégalement en France par des pilleurs des fonds marins. Ce spécimen d’une espèce qu’on croyait disparue, a été pêché dans les eaux très profondes du Pacifique par des poseurs de câbles marins il y a six mois. Naturalisé par l’équipe du professeur Kiadé Rhatei de l’Université d’Honolulu, l’animal est parfaitement conservé. Les douanes en ont fait don au Muséum de Toulouse où il est devenu un objet phare.



Une espèce hybride
Cette espèce hybride (elle ne peut se reproduire d’où sa disparition), est le résultat des recherches menées par l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale. En effet, l’armée cherchait un moyen efficace de détruire les dragueurs de mines ennemis qui anéantissaient tout le système de protection des ports où se cachaient les unités de l’US Navy. La particularité des dragueurs de mines est d’être construits en bois pour ne pas attirer les mines aimantées. D’où l’idée de les détruire en provocant une voie d’eau par percement de la coque.

Une fois la coque percée, le navire prenait du gîte et coulait silencieusement sans éveiller la vigilance de l’ennemi. Or, les outils de percement classiques : perceuses, scies à percussion, marteaux piqueurs font énormément de bruit surtout à cette époque ou les nuisances sonores étaient moins bien maîtrisées. On se rappelle, en effet, qu’en ce temps-là, les guerres étaient encore très bruyantes notamment lors des bombardements ; alors qu’aujourd’hui le bruit de la guerre dépend du niveau sonore du récepteur de télévision.

Mystérieuses plumes
L’armée américaine, après avoir envisagé de multiples hypothèses, conclut que le meilleur moyen d’approcher des dragueurs de mines ennemis sans se faire repérer, était d’utiliser un animal marin. Cela avait fonctionné avec les dauphins pour le renseignement ; restait à trouver l’animal pouvant se propulser silencieusement et découper le bois. Or, cet animal n’existait pas. D’où l’idée de réaliser le croisement d’une tortue avec un requin-scie. Comme on peut le voir sur la photo, la carapace de la tortue rend l’animal furtif car il dévie les ondes radars ; le bec en forme de scie du requin permet de découper le bois de la coque.

L’animal n’a pas de patte, ni de nageoire. Il se propulse en avalant une grande quantité d’eau par la bouche et en la rejetant violemment par voie anale après qu’elle eût été compressée par l’intestin. Ce système dit « à transition annulaire » mis au point par le professeur Fuka a été obtenu en greffant les cellules souches d’un turbot. L’essai avec un poisson torpille, plus rapide mais trop imprécis, fut abandonné. Quant aux plumes qui ornent l’arrière de l’animal, elles restent à ce jour une énigme. Il semble qu’elles n’aient pas d’utilité stratégique sauf si l’on admet que l’utilisation de cette espèce ait pu être envisagée côté océan Atlantique, le long des côtes du Brésil.

Le requinus Tortuensis entre dans les collections du Muséum
A partir du 1er Avril 2011
Muséum de Toulouse
Allée Jules Guesde
31000 Toulouse

TĂ©l : 05 67 73 84 26


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